cocktail

Un «cheers» à la rousse des bois!

 

 

 

 

 

Copenhague : élue Capitale Verte par la Commission européenne, en 2014. C’est tout de même un honneur intéressant à porter et à incarner, en tant qu’habitant. La glorieuse mention n’arrive tout de même pas sans raison. C’est qu’en ces lieux, les normes écologiques sont rigoureuses et les citoyens se plaisent à les respecter, conformément à leur mise en vigueur. On valorise la marche, le vélo, le transport en commun, etc. Oh! Peut-être ici une possibilité d’exportation du Bixi pour le maire de Montréal? Vous lui en toucherez un mot sur Twitter ou entre 2 apparitions télé. I dare you to try!

 

Question de faire rayonner encore plus l’implication environnementale de l’endroit, le Nordic food lab, le laboratoire de recherches gastronomiques associé au restaurant NOMA, sacré plusieurs fois «meilleur restaurant au Monde», accompagné par The Cambridge Distillery, a osé plonger dans une aventure pour le moins insolite. Les chercheurs, tellement enclin à respecter l’écologie, ont courageusement écouté une des plus «redoutables» recommandations de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture). Laquelle? Celle qui suggère l’intégration des insectes à notre alimentation, puisqu’ils représentent une excellente solution pour nourrir toute la planète, tout en aidant l’environnement à se refaire une beauté.

 

Manger des insectes… OK… Mais tant qu’à se lancer, ne pourrait-on pas faire un peu autre chose? C’est là où la complicité des deux établissements permet l’innovation. Ce n’est pas un plat qu’ils ont concocté, mais bien un alcool! Oui, un gin délicieux aux arômes délicats, qui ne contient pas moins de 62 petites fourmis, à l’intérieur de chaque précieuse bouteille. Des fourmis? Des fourmis. Et des rousses des bois (formica rufa) à part ça! Pourquoi elles? Parce qu’elles assurent! Les petites touches apparentées aux agrumes et au sapin qu’on retrouve dans l’Anty Gin, c’est à elles qu’on les doit…

 

Selon Laura Shine, doctorante à l’Université de Concordia, étudiant entre autre les relations entre alimentation et animalité, la saveur particulièrement intéressante de ce type de fourmi vient du fait qu’elles produisent de l’acide formique pour se défendre. Cette fonctionnalité, se mariant merveilleusement bien avec l’alcool, permet la subtile naissance du goût discret d’agrumes, détecté par les papilles des fins palais. Vous oseriez y goûter?

 

D’abord, on plonge les fourmis dans l’éthanol. On utilise ensuite le processus habituel de distillation, qui donnera un excellent concentré de fourmis. Sont alors intégrées à la recette quelques petites baies de genévrier, question de rappeler l’habitat naturel de l’ingénieuse et surprenante matière première : la forêt, les boisés. Finalement, on ajoute les ingrédients qui entrent dans la composition traditionnelle du gin.

 

Le 1er lot de 90 bouteilles s’est écoulé avec une rapidité effarante. Cette stupéfaction a poussé les distributeurs Londoniens à en produire un 2e, qui est disparu lui aussi à une vitesse vertigineuse. N’en fallait pas plus pour confirmer le succès que connaîtrait rapidement la nouvelle venue de la section des spiritueux.

 

Mais pour pouvoir juger vous-mêmes de la qualité du produit, vous devrez débourser un peu plus de 300$, et surtout vous claquer un voyage en Europe; le détaillant spécifiant son impossibilité d’envoyer son or liquide en Amérique du Nord… Finalement, peut-être que le sirop de scorpions proposé dans différents bars de Montréal, mais toujours par le même audacieux mixologue, saura satisfaire votre curiosité et votre désir de nouveauté. Pour des adresses branchées et nouveau genre, restez à l’affût du prochain billet sur le blogue d’uKa protéine!

Écrit par Valerie Bilodeau